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ManagementJe vous propose de revenir sur un article paru dans la Lettre Confédérale de la CFTC n° 1515 concernant la qualité du Management.
Le thème retenu : "Un management de qualité, ça s'apprend ?" lors de la semaine pour la Qualité de vie au travail ­montre à quel point l'intégration de la santé au travail dans la formation des managers est devenue un enjeu crucial.

 «Le manager d'hier était dans la prescription et le contrôle des individus. Celui de demain devra développer l'autonomie des collectifs.» Avec ces quelques mots, Florence Chappert, de l'Ana et (l'Agence nationale pour l'amélioration des conditions de travail), résume la profonde mutation que subit cette fonction depuis quelques années. De manière, certes, un peu moins rapide en France que dans le reste de l'Europe: une récente étude1 montre que nos managers sont 79 % à impliquer leurs collaborateurs dans l'organisation de l'activité (contre 81 % en moyenne en Europe) et encore 78 % à recadrer leurs abus et écarts de comportements (contre 60% au niveau européen).

De nouvelles méthodes managériales

Si la culture hiérarchique demeure très prégnante au sein de l'entreprise, le manager n'en est pas moins chargé désormais de conduire les transformations, de donner du sens au travail de ses collaborateurs, de faire vivre des « collectifs autonomes». Sa responsabilité en termes de santé au travail s'en trouve accrue : animation de réunions, motivation de l'équipe, gestion des conflits, identification des salariés en souffrance ... Il devient un acteur de premier plan en matière de prévention des risques, ce qui, paradoxalement, l'expose lui-même davantage. Stress, injonctions contradictoires entre les objectifs et les moyens, entre les résultats et la sécurité ... constituent autant de facteurs de risques. Quant à ses propres manquements, ils sont bien évidemment lourdement sanctionnés par le droit. La jurisprudence a clairement rappelé, il y a quelques mois2, qu'un management directif engendrant des risques psychosociaux est un motif de licenciement pour insuffisance professionnelle.

Réformer la formation initiale

Face à de telles évolutions, il est essentiel de porter l'implication de l'encadrant en termes de conditions de travail dans le débat public et, plus spécifiquement, dans des formations adaptées. Le réseau Anact-Aract présente sur son site, depuis le 26 septembre, un Livre blanc pour apprendre à manager le travail; recensant les bonnes pratiques en matière d’accompagnement des managers (www.anact.fr). Aux yeux de la CFTC, de réelles avancées pourraient être réalisées avec l'intégration des questions de prévention et de QVT dès la formation initiale, c'est -à-dire dans les écoles de commerce, de management, d'ingénieurs ... Un mouvement, pour l'instant, tout juste esquissé.


1. 9ème baromètre de l'absentéisme et de l'engagement d'Ayming, publié le 7 septembre 2017. 
2. Cour de cassation, Chambre sociale, 2 juin 2017, n° 16-13.134, concernant une cadre licenciée du fait de son comportement managé rial à l'origine de la souffrance au travail de ses subordonnés. 
Lire aussi Cass. Soc., 8 mars 2017, n° 15-24406, concernant le licenciement d'un DRH n'ayant pas empêché les méthodes managériales inacceptables d'un directeur.