C’est avec tristesse que nous avons appris le décès de Rachid A. que beaucoup d’entre vous connaissait. Outre ses fonctions à la maintenance, il était aussi représentant du personnel, apprécié par tous. Sa disparation vient tristement s’ajouter à ceux qui nous ont quittés en fin d’année dernière ; Stephane L. et Anthony F., que nous n’oublions pas. |
Pouvoir s’opposer
Dans la dernière lettre confédérale de la CFTC, Cyril Chabanier, notre président titrait son édito ainsi: « Emmerder, Non. Dialoguer et convaincre, oui ! ». Il faisait référence au Covid-19 et au rejet systématique de la parole publique, scientifique, et même des faits et déplorait à juste titre la violence verbale de certains opposants les plus extrêmes à la vaccination. Pour reprendre les propos justes et éclairés d’un de vos élus, « … le Covid n’est pas un simple rhume comme certains voudraient nous le faire croire. Il tue ».
A la CFTC, nous nous sommes très souvent opposés à notre direction (nos nombreux petit bleu sont là pour en témoigner) surtout parce que cette dernière a tendance à nier la réalité en répétant tous les jours que tout va bien, mais aussi parce que nous considérons que les mesures prises ces dernières années, dans des soucis « d’économies », ont engendré bien plus de problèmes que de solutions. C’est par le dialogue (et non par la dénonciation), parfois tendu mais toujours constructif, argumenté et factuel, que nous apportons notre vision des choses. En sont ressortis, par exemple, l’accord QVT de 2018 (dont une organisation syndicale nous reproche sa tiédeur en faisant référence à celui de l’ANAC sans que l’on sache si il s’agit de l’accord de 2005 ou de 2020…), mais aussi nos propositions reprises dans la chartre télétravail, l’enquête déclenchée par la direction pour l’évaluation des Risques Psychos Sociaux (suite à notre remarque sur le nombre d’arrêts maladie effarants constatés en 2018. A l’heure ou nous écrivons, nous ne savons pas encore si le résultat de cette enquête sera présentée par le CSSCT au CSE de ce mois).
Et la liste est longue.
Toujours proposer
Si nous sommes d’accord avec les autres organisations syndicales sur le constat (à savoir que pas grand chose n’a été fait en matières de conditions de travail et de salaires), c’est dans la façon d’apporter des solutions que nous sommes en désaccords. Nous préférons convaincre en faisant remarquer par exemple, qu’un nombre particulièrement important d’arrêts maladie a des conséquences directes sur la rentabilité de notre entreprise. En améliorant les conditions de travail par la favorisation du télétravail, l’adaptation des horaires et une meilleure répartition de la charge de travail, la mise en place de passerelles interservices pour fluidifier l’évolution de nos salariés vers des métiers d’avenir les passionnant et mieux rémunérateurs, etc. sont autant de leviers à actionner pour réduire ces arrêts maladie. Grâce aux économies qui en découleront, nous pourrons peut-être espérer un jour à un treizième mois ? Bon, d’accord, ne rêvons pas mais quoiqu’il en soit, de meilleurs conditions salariales sont aussi un moteur pour fidéliser les collaborateurs de Computacenter, attirer et conserver les jeunes talents qui se font de plus en plus rares sur un marché fortement concurrentiel.
A contrario, nous ne voyons pas en quoi une politique basée sur des engagements chiffrés prise par notre direction sur le nombre de réduction des arrêts maladie par exemple, pourrait résoudre quoique ce soit. Un ancien président de la république a mis en place une telle politique concernant la police et les forces de l’ordre en général… On en mesure aujourd’hui son inefficacité.
Qu’il s’agisse des évolutions des salaires, de l’emploi, des conditions de travail, etc., nous pensons qu’elles seront adoptées et durables dans le temps uniquement si elles résultent d’un dialogue loyal et sincère entre la direction et les organisations syndicales. A ce titre, il ne saurait y avoir de négociations tabous.
